Le Triton palmé

Identification

Mesurant à peine 5 à 9 cm de long, le Triton palmé est le plus petit des tritons de Belgique. Son ventre est uniformément blanchâtre à jaunâtre, parfois avec des taches noires, et son dos est jaunâtre à brun-olive. Sa gorge est la plupart du temps unie, jaunâtre ou rosée. Le mâle est généralement plus petit que la femelle. Durant la période de reproduction, il possède une crête dorsale basse et jaunâtre à brunâtre, sa queue se termine en un long filament, et ses orteils sont entièrement palmés. La femelle en revanche ne possède pas de crête ni de palmure aux orteils, et son cloaque est étroit et strié (globuleux et lisse pour le mâle). Les œufs sont petits (environ 1 mm à le ponte) et emballés isolément dans la végétation aquatique. Les larves sont beige clair et mesurent 8 mm à l’éclosion. Leur queue est effilée et pointue, et non terminée par un filament.

Photo : Stéphane Vitzthum

Biologie

Les premières migrations vers les points d’eau de reproduction commencent dès la fin de l’hiver, par temps pluvieux et doux. Elles peuvent s’étaler jusqu’au mois de mai selon les températures locales. Dans certaines populations toutefois, les adultes rejoignent le milieu aquatique dès l’automne. Fidèles à leur site de reproduction, les Tritons palmés parcourent jusqu’à quelques centaines de mètres pour rejoindre leur point d’eau, généralement forestier. La reproduction se déroule dans l’eau et sans contact corporel direct, le mâle séduisant la femelle par des parades complexes à l’issue desquelles le mâle dépose sur le substrat un spermatophore qui sera ensuite pris par le cloaque de la femelle. Une fois les œufs fécondés, la femelle pond un à un, pendant plusieurs semaines, des dizaines ou des centaines œufs qu’elle emballe dans la végétation aquatique, les protégeant ainsi des risques de prédation par des invertébrés aquatiques ou autres tritons. Les œufs éclosent après deux semaines, et les larves poursuivent une vie aquatique avant de se métamorphoser quelques mois plus tard en juvéniles terrestres. Ceux-ci ne regagneront l’eau qu’à l’âge adulte, atteint vers 4 ou 5 ans. Cependant, certaines larves peuvent ne pas se métamorphoser avant l’hiver, ou devenir sexuellement matures sans se métamorphoser. Les tritons adultes restent donc à l’eau généralement jusque fin avril, voire juillet, pour ensuite opter pour un mode de vie terrestre. Leur longévité est estimée à 8 à 11 ans.

Comportement

L’adulte hiverne généralement à terre, ou en milieu aquatique, avant de passer par une phase aquatique lors de la reproduction. Les jeunes sont plutôt terrestres. En période de reproduction, le mâle effectue une parade particulière, consistant à faire vibrer rapidement l’ensemble de sa queue, ou encore la projeter vers la femelle ou en faire osciller son extrémité.

Régime alimentaire

En phase aquatique, le Triton palmé mange généralement des crustacés (copépodes, cladocères), des larves d’insectes, des hémiptères, des isopodes, des vers oligochètes ou des œufs d’amphibiens. Les larves se nourrissent plutôt de petites proies (cladocères, copépodes, larves d’insectes, ostracodes).

Habitat

Typiques des milieux forestiers, le Triton palmé peut se retrouver dans la plupart des types d’eaux stagnantes comme les étangs, les mares ou les ornières inondées, voire même dans des abreuvoirs, douves, flaques, bras morts de rivières, etc. Le Triton palmé peut cohabiter avec des poissons comme les épinoches, mais il évitera cependant les pêcheries, comprenant des poissons de grande taille. Il évite également les cours d’eau, bien qu’on en ait retrouvé dans des ruisseaux. Il occupe fréquemment les mêmes sites que le Triton alpestre, mais on le retrouve tout aussi bien en présence des autres espèces de tritons.

La répartition du triton palmé en Wallonie

 

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